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Publié le 15/07/2009
C'est la question que je me pose la fin de cette rude année universitaire ! Je ne parle pas d'autres filières ni d'autres facultés, je parle de ce que j'ai moi-même constaté.
J'ai assuré le cours d'Informatique de deux sections de 250 étudiants chacune parmi les quatre sections représentant l'effectif des étudiants de 1ère année LMD Sciences et Technologies. Le programme du 1er semestre traite de la Bureautique, une publicité gratuite à Bill Gates comme l'a bien dit une collègue ! Ce semestre a commencé le 02/11/2008 et terminé le 02/03/2009, en ôtant la période des vacances de 15 jours et les jours fériés donc, impossible de terminer le programme. Vous allez peut être m'imaginer entrer à l'amphi avec un ordinateur portable et le data show eh bien non, pas du tout ! J'étais dans l'obligation d'utiliser la craie et de rédiger des polycopies que j'ai pris le soin d'y mettre des captures d'écran pour faciliter la compréhension aux étudiants- dont beaucoup faisaient preuve de bonne volonté, quoi qu'on puisse dire sur leur niveau.Ces cours étaient accompagnés d'explications détaillées en Arabe et en Français car les étudiants n'arrivaient pas à bien comprendre ce dernier, mis à part quelques rares éléments et quelques Africains qui viennent étudier en Algérie. D'ailleurs cela ne m'a nullement dérangée ayant toujours opté pour l'enseignement en utilisant la langue maternelle, mais cela est une autre paire de manche. Le programme du 1er semestre prévoit une séance de travaux dirigés par semaine ; pas de travaux pratiques ! Imaginez des enseignants faisant des exercices de Traitement de texte ou de Tableur avec de la craie et le tableau noir ! Mais heureusement que depuis deux ans, le problème ne se pose plus, car l'on a pu se procurer des salles de Travaux Pratiques grâce à la compréhension et à la coopération du chef de la cellule.
Le second « semestre » a commencé après les examens du premier, c'est-à-dire le 10 mars 2009 et terminé le 09 juin(y soustraire la période des vacances de 15 jours et les jours fériés) ! c'était une course contre le temps très dure, sachant que je ne me suis jamais absentée ! Le programme traite de l'algorithmique et de la programmation en Langage Fortran 90, et les séances prévues sont bien des travaux pratiques, une séance par semaine pour chaque groupe, pas suffisante à mon avis étant donnée la durée du « semestre ». Pour assurer le bon déroulement de ces séances, l'on a prévu de recruter avec chaque enseignant (e) un(e ) second(e ) pour se partager la tâche ; les groupes étant en surnombre ( au moins vingt cinq (25) étudiants par groupe pour une dizaine de microordinateurs). Cependant, c'est exactement l'effet contraire qui s'est produit -figurez vous-, car certains de ces enseignants «nouveaux», n'étaient pas du tout consciencieux, mis à part trois ou quatre ( et j'exagère en allant jusqu'à ce nombre !). Cela a entraîné un retard pour certains groupes! Ces enseignants ne savaient même pas de quoi il s'agissait, ne se donnaient pas la peine d'assurer la séance et étaient rarement contrôlés sachant que c'étaient des heures supplémentaires, donc comme si elles n'existaient pas mais leur salaire existe bien ! Ils prétextaient que leur domaine était loin de l'informatique, mais cela n'est pas une excuse car certains dont je remercie fortement, ont bien réussi avec leur travail consciencieux et leur persévérance et le programme est très simple pour un ingénieur non informaticien, sans parler de titulaire d'un Magister ou d'un doctorant.
Certains de ces enseignants ont été choisis par égard à Madame ou Mademoiselle ou Monsieur, par «charité» vraisemblablement, puisqu'ils n'effectuaient aucune tâche en contrepartie donc cela ne peut être considéré comme une paye !
Néanmoins, ce qui m'a le plus sidéré dans tout cela, c'est qu'aucun (e ) d'entre eux n'avait de regret ou de remord du tort causé à leurs collègues qui portaient le poids tout seuls, trouvaient cela tout à fait logique, vu que la vie soit chère et que tous les moyens soient bons pour avoir de l'argent même si cela est au dépens de la qualité d'enseignement (que diraient les employés travaillant dans le cadre de la grille sociale à 3000 DA par mois !!) et qu'est ce que cela leur aurait coûté d'enseigner convenablement six ou huit heures supplémentaires par semaine sachant que je remettais les fiches avec solution expliquée !
Je n'ai précisé ni de lieu ni de noms, mon objectif étant d'exposer un problème parmi tant d'autres, pas de juger qui que ce soit car chacun de nous est voué à sa conscience et est entre les mains du Juste.
Je lance un appel à tous les enseignants soucieux de l'avenir de notre université et ils sont bien nombreux j'en suis certaine, de tirer la sonnette d'alarme ; pas à ceux qui pensent que nos étudiants ne valent pas la peine qu'on se fatigue pour eux et pas à ceux -même s'ils sont rares- qui ne se donnent même pas la peine de corriger honnêtement une feuille et se contentent de recopier la note d'examen dans celle du devoir synthèse ou de rattrapage sachant qu'un étudiant aurait pu tomber malade le jour de l'examen et aurait bien voulu se rattraper en passant l'été à réviser avec espoir de ne pas refaire l'année, tout en demandant en contrepartie que tout examen doit être assuré convenablement avec sévérité et surveillance stricte sans laxisme et surtout d'établir des systèmes d'embrouillage de champs de portable dans les salles d'examens et de cours.
Etant ingénieur en Informatique ayant enseigné à l'université pendant plus de 7 années, mon soucis a toujours été d'essayer de contribuer modestement -sans vouloir prétendre ce que je ne le suis pas - ne serait ce que par ces quelques heures hebdomadaires assurées avec dévouement-Dieu m'est témoin- et par cet appel pour que nos étudiants puissent bénéficier d'un enseignement de qualité et que les meilleurs soient encouragés ,valorisés et aidés car je sais très bien ce que c'est d'être méconnu(e) ….A bon Entendeur!
*Ingénieur Informatique
samedi 10 avril 2010
L'accessibilité des handicapés : un facteur essentiel d'intégration sociale
L'intégration sociale de tout handicapé est un défi permanent à relever par chaque pays signataire de la convention des Nations unies du 13 Décembre 2006, relative aux droits des personnes handicapées. Cette intégration ne pourra se faire que par une autonomie de déplacement et d'utilisation des équipements publics et des moyens de communication. Notre souci étant d'attirer l'attention sur l'utilité de prendre en charge de manière imminente cette catégorie très importante de la société.
Plusieurs définitions ont été données pour décrire l'état de la personne handicapée, reprenons celle de la convention sus-citée qui stipule que «Par personnes handicapées, on entend des personnes qui présentent des incapacités physiques, mentales, intellectuelles ou sensorielles durables dont l'interaction avec diverses barrières peut faire obstacle leur pleine et effective participation à la société sur la base de l'égalité avec les autres» **
Une personne handicapée a droit au respect de sa dignité intrinsèque, la liberté de faire ses propres choix et de l'indépendance ;cette dernière se traduit par un déplacement autonome menant à une intégration sociale qui ne peut se faire que par son autonomie .Les handicapés étant des citoyens à part entière,n'ont-il pas le droit d'une intégration sociale permanente et adéquate, leur mal étant continu et leur souffrance grandissante à chaque moment, à chaque obstacle, une souffrance quotidienne morale et physique ; il est plus qu'urgent que des conditions d'une authentique participation des handicapés se concrétisent par un environnement leur offrant une accessibilité qui elle-même intègre plusieurs composantes:
- l'accès (transport, parking, trottoirs, seuil, ...) ;
- la circulation à l'intérieur du bâtiment (déplacement horizontal et vertical, aires de rotation, d'approches et de circulation, repères sonores, tactiles et visuels, signalisation) ;
- l'usage de tous les équipements (sanitaires, cantine, )
Les déplacements au sein même d'une structure administrative ne font pas toujours l'objet d'une attention particulière de la part de ses occupants, excepté de la part des personnes éprouvant des difficultés à se déplacer. En effet, un sol inégal ou glissant, un éclairage insuffisant ou le moindre carton laissé négligemment dans un couloir compliquent leurs déplacements. Et pourtant, il serait si simple d'éviter ces inconvénients.
Nulle personne ne peut s'affirmer, étudier, faire ses achats, régler ses papiers administratifs, si elle ne trouve pas un espace adéquat lui permettant de se déplacer facilement ; plusieurs personnes handicapées restent cloitrées chez elles à cause de la quasi inexistence d'espace adéquat leur permettant de se déplacer aisément d'une place à une autre.
Citons à titre d'exemple que pour qu'un handicapé sur chaise roulante puisse circuler aisément dans la rue, un trottoir devrait avoir au minimum 1m 20 de largeur ; certains ayant des rebords élevés, rendent difficile D'accès et la traversée,ce qui est une entrave non seulement pour un handicapé sur chaise roulante, mais pour tout citoyen trouvant des difficultés de marche commençant par les enfants très vulnérables physiologiquement, et même lorsque des trottoirs larger existent, ils sont souvent occupés par des étalages de marchandises, des vendeurs à la sauvette ou par des voitures en stationnement abusif...
Les moyens de transport public sont quasiment unitilisables par une personne utilisant chaise roulante .Trouvant des difficultés à utiliser les taxis, prévoir des bus aménagés pour cette catégorie devient plus que nécessaire.
Notons qu'un décret fixant les modalités d'accessibilité des personnes handicapées à l'environnement physique, social, économique et culturel a été publié en 2006, dont nous reprenons quelques articles concernant les trottoirs et transport public ***
Art 7 : Les voies réservées aux piétons doivent être adaptées à la circulation et à la mobilité des personnes handicapées. Les trottoirs et les rampes doivent être conçus de manière à faciliter le déplacement des personnes handicapées avec leur équipement spécifique.
Art 9: Les infrastructures, moyens et services de transport doivent être aménagés de façon à faciliter l'accessibilité aux personnes handicapées qui les empruntent.
Art. 10: Afin de les rendre accessibles aux besoins des personnes handicapées, des programmes d'aménagement des infrastructures, moyens et services de transport, notamment le transport collectif seront établis, après consultation des opérateurs concernés, par les services compétents chargés des transports.
Depuis sa sortie, l'application de ce décret commence à voir le jour dans certaines constructions administratives notamment, mais la généralisation de l'application de tous ses articles nécessite l'implication de chacun.
Il est important de signaler que cette tranche de la société représente 1.7 millions de personnes en Algérie, soit quasiment 5% de la population, leur nombre étant sujet à une augmentation accrue, à cause de différentes maladies et surtout comme conséquence dramatique des accidents de la route dont la cause principal relève du facteur humain.
Notes :
* Membre de l'association nationale Tarik Essalama (Présidente de l'association locale de prévention routière « Salamat Al Atfal» à Mostaganem )
** www.un.org/french/disabilities/default.asp
*** décret n°06-455 du 11 Décembre 2006 ; Journal Officiel n°80 DU 11 Décembre 2006 ; http://www.joradp.dz/JO2000/2006/080/F_Pag.htm
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